Livre ou scénario ?

Il y a d'excellents livres qu'on imaginerait bien devenir des films. Mais ce sont leurs qualités littéraires qui crééent les images, et qui induisent cette possibilité cinématographique. Ce ne sont pas des livres écrits comme des scénarios, tels les livres illisibles d'Anna Gavalda par exemple, et quelques autres qui frisent avec le sitcom. Vus à la télévision, succès annoncés avant d'avoir été lus (comme le dernier livre de Tatiana de Rosnay (premier page du Monde des livres du jour)), et écrits pour retourner à la télévision dans le circuit de consommation facile dans lesquels ils s'inscrivent. Comme l'écrivain nord-américain Robert Cohen (dernièe page du Monde des livres du jour), "je suis las de tous ces livres qui sont faits pour êtres des films". Robert Cohen ajoute "je n'ai pas particulièrement besoin d'argent, donc cela ne m'affecte pas financièrement, mais je suis touché psychologiquement, parce que le monde de l'édition est ainsi fait aujourd'hui que si on ne vend pas, on n'est plus publié. Il est loin, le temps où des éditeurs encourageaient pendant des années des écrivains en qui ils croyaient". Heureusement, pour ne pas finir sur une note totalement pessimiste, ces éditeurs existent encore, petits éditeurs pour la plupart, dans les marges, mais pour qui la qualité prime sur la quantité. Et aussi la fidelité, le soutien aux écrivains qu'ils publient, dans le souci commun de construire une relation, un échange éditeurs-auteurs-lecteurs, une oeuvre. 


David Collin