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    La scène finale des Sentiers de la Gloire de Kubrick

    Je viens de regarder l'un des premiers grands films de Stanley Kubrick, les Sentiers de la gloire (1957), qui raconte l'histoire tragique d'une condamnation injuste pendant la guerre de 1914/1918. Extraordinaire, Kirk Douglas joue le rôle d'un colonel français qui commande un régiment stationné face à la cote 110, réputée imprenable, mais qu'un général veut prendre à tout prix pour satisfaire le quartier général. L'attaque commence, mais seule une partie du régiment progresse, essuyant de très lourdes pertes avant de faire retraite. Le général demande à ses artilleurs de bombarder les hommes des tranchées qui n'ont pas pu en sortir faut d'avoir pu contrer les feux de l'ennemi. L'officier artilleur refuse. Mais une fois la bataille terminée, le général qui veut faire un exemple, condamne trois soldats innocents choisis au hasard à être exécutés. Le colonel, incarné par Kirk Douglas, demande à être l'avocat des soldats pendant leur procès expéditif. où en définitive il ne pourra rien faire. Les hommes seront froidement exécutés. Peu après, Kirk Douglas parvient à prévenir le général en chef de l'attitude démente de son supérieur pendant la bataille, désormais déposé de son commandement et sous le coup d'une enquête. Mais le colonel refuse de le remplacer, dépité par le cynisme du général en chef qui voyait dans son attitude une simple affaire d'ambition. Il sort, il rejoint la rue, et entend ses soldats qui assistent au spectacle d'un cabaret. Il reste figé un instant dans la rue à écouter leur brouhaha. A l'intérieur, l'animateur chauffe la salle, il annonce aux soldats surexecités la prise d'une belle prisonnière allemande qui va monter sur scène pour eux. Ils sifflent, hurlent, crient, joyeux et dissipés, à moitié ivres. La fille arrive, l'animateur la présente, explique que malgré sa beauté, elle ne sait que chanter. Et elle commence à le faire sans que les hommes puissent l'entendre à travers leurs cris. On ne l'entend pas. Et il faut un long moment pour que les hommes se taisent et l'écoutent vraiment. Leur silence est complet. Cette simple ritournelle leur rappelle leurs foyers. Les soldats sont nostalgiques, essuient une larme, et l'un d'entre eux suivi bientôt par toute la  compagnie, commence à accompagner la jeune femme, bouche fermée, comme s'il connaissait cet air, comme s'il n'y avait jamais eut de frontière ou de différence entre les chants allemands et français, comme si un même fond de culture populaire les reliaient tous. Scène anthologique.




    David Collin

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