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Jour noir

Jour noir. Avant jour blanc. Jour de rien ou jour de résolution. Jour sans fin. Glissade. Chute avant rétablissement. Peut-être. Ou rien. Dans ce rien la substance du vide. Et l'étreinte paradoxale d'un marchand de rêve. Rien. Rien. Rien. La chute écrase les os. Les fait craquer comme un rappel à l'ordre de la carcasse brisée. Poing sur la table. Révolte sous crâne. Et puis quoi ? Mauvaise poésie.

Je me rends compte à l'instant de l'absurdité de ce message. De l'absurdité de partager ses états d'âme dans un lieu si fantomatique. Un feu follet de plus. Ce sont bien des "états" d'âme, des petits fragments errants qui se perdent dans les interstices de la toile. La balle est renvoyée au bond, crève et se dégonfle en hurlant dans l'air. L'écho se démultiplie et meurt davantage. Il meurt plus que s'il avait été réel. Et donc audible. C'est un écho silencieux. Sans voix. Et ses résonances infinies démultiplient le sans voix. Un creux dans un creux. Le vide sans espoir de redevenir big bang. Enfin si. Et c'est peut-être cela le plus navrant. Que ce vide là se survive toujours. Et renaisse de ses cendres. Toujours et malgré lui.

En somme, il n'a de cesse de lutter contre lui-même, contre son propre désir de disparaître.







David Collin

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